Marie-France


50 ans, 2 enfants, cheffe d’entreprise

 

« En 1989 j’ai vécu mon premier licenciement, j’avais 25 ans, en 1996 mon second j’avais 32 ans et là c’est moins facile de rebondir. Arrive alors cette période de doute où avec deux enfants à élever, vous prenez le travail qui se présente, et tout doucement vous sombrez dans cette dépression latente où la société veut bien vous entraîner. On nous en promet des choses, droit au travail, droit au logement, droit au social ! Mais rien, il n’y a personne pour vous sortir de la dégringolade ! Je reprends un boulot en 2010 payé 850 € pour 12h de travail. J’ai tout supporté dans cette société, harcèlement de mon supérieur, injures, humiliations. Aujourd’hui, cette société m’appartient. Je n’ai toujours pas de toit fixe sur la tête mais je ne perds plus espoir. Les choses se font au fur et à mesure. Je remercie mes deux filles et un ami pour l’immense soutien moral qu’ils m’ont apporté sans jamais déroger à la règle « je suis à côté de toi » ».

 

 

 

 

 

photo : Bénédicte Van der Maar

entretien et texte : Bouchera Azzouz

série : héroïnes du quotidien